Vous avez observé des modifications de votre odorat ? Vous avez la sensation de sentir moins bien ? Ou bien vous avez une sensibilité olfactive particulière et vous avez envie d’entraîner votre odorat ?
L’odorat est un sens singulier, doté de super-pouvoirs. Il n’est jamais trop tard pour s’entrainer et aiguiser son nez !
LES SUPER-POUVOIRS DE L’ODORAT
L’humain a du flair !
Bien que sa surface ne représente que 3cm2, la muqueuse olfactive contient des millions de neurones, capables de se régénérer pour remplacer ceux qui ont été endommagés. Et nous disposons de 400 types différents de récepteurs olfactifs qui lui permettent de différencier pas moins de 1000 milliards d’odeurs ! Contrairement aux idées reçues, l’humain a de vraies capacités olfactives.
Le lien privilégié entre cerveau et odorat
Il existe une relation étroite, complexe et fascinante entre le cerveau et le système olfactif. Celui-ci est directement relié au système limbique, région du cerveau impliquée dans la régulation des émotions et l’encodage de la mémoire autobiographique. Autrement dit, les odeurs sont traitées dans la même zone que nos émotions et nos souvenirs !

Cette connexion étroite explique le pouvoir fabuleux des odeurs qui nous font voyager instantanément dans le temps ou dans des lieux que l’on pensait oubliés et font jaillir en nous toute une palette d’émotions. Proust nous en offre l’illustration parfaite lorsqu’il décrit avec quelle puissance et quelle fulgurance il se retrouve projeté dans son enfance, attablé chez sa tante Léonie à l’heure du goûter, en dégustant un jour une madeleine trempée dans une tasse de thé.
Entraîner son odorat ça sert à quoi ?
Solliciter son nez pour renforcer la plasticité cérébrale
Le cerveau olfactif est caractérisé par sa plasticité, c’est-à-dire sa capacité à se remodeler, à s’adapter et se développer en fonction des expériences, des apprentissages et des stimuli olfactifs auxquels il est exposé.
L’apprentissage des odeurs stimule également la plasticité cérébrale chez les enfants comme chez les adultes. La richesse du contexte sensoriel dans lequel évolue l’individu favorise la consolidation des connexions neuronales et confère au cerveau une plasticité accrue face aux fluctuations de son environnement, lui permettant ainsi de se développer et de s’enrichir. A l’inverse, dans un milieu où les stimulations sensorielles sont insuffisantes, le cerveau tend à se figer.
Faire travailler son nez pour prévenir la perte d’odorat
On connait en général assez bien la presbytie, dégradation du sens de la vue liée à l’âge ou encore la presbyacousie, perte de l’audition. En revanche, on évoque moins la presbyosmie.
Il s’agit de la perte progressive du sens de l’olfaction liée à la sénescence. Elle concerne pourtant 39% des plus de 65 ans et entraine de nombreux effets secondaires.
Comme un muscle, votre odorat doit être sollicité sans arrêt pour continuer d’assurer son rôle. En stimulant votre sens olfactif, vous mettez toutes les chances de votre côté pour retarder la presbyosmie. Alors n’hésitez pas à muscler votre nez !

Entraîner son odorat pour stimuler sa mémoire
Des études récentes tendent à suggérer que l’ ‘entraînement’ olfactif, par l’exposition répétée à des stimuli olfactifs, pouvait avoir des effets bénéfiques sur la prévention, le ralentissement de l’apparition et la progression des déficiences cognitives légères et de la démence.
En adoptant le plus tôt possible de bonnes habitudes et en effectuant des exercices simples dans notre vie quotidienne, nous pouvons non seulement apprécier davantage les arômes et parfums qui nous entourent, mais aussi de prévenir ou ralentir certaines déficiences cognitives. Lire notre article sur la prévention de la démence grâce à la stimulation olfactive.
Notre cerveau évolue sans cesse au cours de la vie, il s’enrichit de nouveaux souvenirs olfactifs. Il est important de cultiver cette bibliothèque d’odeurs, ce petit musée intérieur.
Sentir pour mieux se sentir
Sentir c’est ressentir. Outre le fait de réapprendre à sentir les odeurs, la stimulation olfactive contribue à améliorer la qualité de vie :
- en réduisant les risques face à un éventuel danger : produit toxique, polluant, feu, aliment avarié…
- en augmentant l’appétit et donc la nutrition.
- en contribuant à améliorer leur bien-être mental et émotionnel en réduisant les symptômes d’anxiété et de dépression.
Comment entraîner son odorat ?
La stimulation olfactive, c’est quoi ?
La stimulation olfactive consiste en une série d’exercices visant à stimuler les sensations liées au sens de l’odorat. L’objectif est d’améliorer de façon significative la perception olfactive chez les personnes atteintes d’hyposmie, d’anosmie ou désireuse d’améliorer leurs capacités olfactives.
Le spécialiste de l’odorat expose les individus à des odeurs spécifiques, adaptées à chaque patient, de façon récurrente et sur le plus ou moins long terme selon les cas. Lire notre article Comment retrouver le goût et l’odorat ?
En 2009 et en 2014 des équipes de recherche ont démontré l’effet positif des protocoles de stimulation olfactive dans la cas de patients anosmiques. La stimulation olfactive quotidienne a permis de rééduquer l’odorat d’un quart à la moitié des ces patients selon l’origine de leur trouble (post-traumatique, idiopathique, post-infectieuse). Plus cet entraînement est long, plus grandes sont les améliorations.
Peut-on être accompagné pour entraîner son odorat ?
Après une blessure, votre médecin vous prescrit souvent des séances de rééducation, à effectuer chez un kinésithérapeute. De la même manière, dans le cadre d’une rééducation olfactive, mieux vaut être accompagné par un olfactothérapeute pour constater de réels progrès.
Chez Sensible, lors de la première séance, nous réalisons un test d’olfactométrie. L’objectif est de faire le point sur vos capacités à détecter et identifier des odeurs variées. Puis le travail de stimulation démarre, avec 3 ou 4 odeurs pour commencer. L’objectif premier à ce stade est de travailler la détection du stimulus olfactif. Puis, lorsque la détection s’améliore, on travaille l’identification. On ajoute progressivement des stimuli olfactifs permettant de travailler un spectre olfactif plus large : odeurs hespéridées, florales, fruitées, épicées, gustatives…

La stimulation de l’odorat repose sur la neuroplasticité du cerveau, cette capacité à s’adapter aux changements. L’entrainement quotidien s’avère primordial pour progresser et retrouver ses sensations olfactives ou les optimiser. C’est un nouveau rituel à instaurer, qui ne prend qu’une dizaine de minutes, une à deux fois par jour.
Lire notre article Comment retrouver le goût et l’odorat ?

Vous voulez en savoir plus sur la stimulation de l’odorat ?
Quels exercices pour aiguiser son odorat ?
Pour optimiser l’entrainement olfactif, en dehors de l’entrainement ‘guidé’ par le thérapeute olfactif qui vous accompagne, il faut aussi (re)prendre l’habitude de sentir tout, tout le temps; mettre le nez sur chaque odeur du quotidien : dans la cuisine, la salle de bain, à l’extérieur…
Vous pouvez :
- Cuisiner avec des plantes aromatiques et des épices au quotidien pour stimuler votre nez.
- Se promener au marché, se rendre dans une herboristerie, choisir un thé dans une boutique spécialisée…
- Jouer à des jeux olfactifs comme identifier des ingrédients à l’aveugle ou reconnaître des parfums.
- Cultiver son jardin, son balcon ou même une balconnière : lavande, géranium, jasmin et plantes aromatiques enrichissent notre environnement olfactif.
De façon générale, sentez toutes les odeurs du quotidien : tout l’environnement doit devenir un terrain de jeu et d’entrainement. Plus on sent, mieux on sent et on se sent !
Des conseils pour prendre soin de son odorat ?
L’influence de l’alimentation
Une alimentation saine et équilibrée contribue à améliorer l’odorat et certains aliments sont particulièrement bénéfiques :
- Vitamine A : elle est essentielle pour la santé des cellules olfactives.
>> On la trouve dans : les carottes, les patates douces et les épinards.
- Oméga-3 : ils favorisent la santé cérébrale et olfactive.
>> Ils sont présents dans les poissons gras, les noix et les graines de lin.
- Zinc : un déficit en zinc peut altérer l’odorat.
>> On peut trouver le zinc dans : la viande, les fruits de mer et les graines de courge.
Des habitudes de vie saines
Il existe aussi des réflexes à adopter au quotidien pour favoriser un bon odorat :
- Avoir une bonne hydratation : boire suffisamment d’eau – 1,5L recommandé pour un adulte – est crucial pour maintenir les muqueuses nasales hydratées.
- Veiller à avoir une bonne hygiène nasale : pensez à utiliser des sprays d’eau saline pour nettoyer les voies nasales, en cas de rhume mais pas seulement. Mieux vaut prévenir que guérir !
- Éviter les irritants : Réduisez l’exposition à la fumée, aux produits chimiques et à la cigarette, particulièrement nocive pour l’odorat.
En résumé
Comme s’il était secondaire, l’odorat est trop souvent sous-estimé. Il est pourtant essentiel.
Les troubles de l’odorat, bien que souvent négligés, ont des répercussions profondes sur la vie quotidienne des personnes qui en souffrent. La perte ou l’altération de ce sens prive non seulement de la capacité à détecter les dangers potentiels, mais aussi de l’accès à un monde riche en émotions et en souvenirs.
Par ailleurs, la stimulation de l’odorat comporte des enjeux qui dépassent de très loin le seul monde des odeurs : stimulation de la mémoire, cognition, augmentation de la plasticité cérébrale, développement émotionnel, socialisation et connaissance de soi.
Autant d’arguments en faveur de la réhabilitation de l’odorat ! La stimulation olfactive, accompagnée par un professionnel de l’olfaction, associée à une prise en charge médicale adaptée dans certains cas, permet d’entrainer son odorat. Et améliorer la perception des odeurs c’est renouer avec un monde olfactif souvent sous-estimé, mais essentiel à notre bien-être.
Sources:

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