L’anosmie liée au Covid-19 entrainerait des modifications cérébrales.

Selon une nouvelle étude Chilienne publiée récemment, portant sur 73 adultes guéris de COVID-19, les personnes ayant subi une anosmie présenteraient des modifications cérébrales, fonctionnelles et structurelles.

Les résultats ont été publiés la semaine dernière dans Scientific Reports.

Le cadre de l’étude du lien entre anosmie et modifications cérébrales

Des chercheurs chiliens ont soumis 73 patients ayant subi une infection légère à modérée par COVID-19 à un dépistage cognitif, à une tâche de prise de décision, à des tests fonctionnels et à des examens d’imagerie par résonance magnétique (IRM). 29 de ces patients présentaient une anosmie totale, et 14 affichaient différents troubles de l’odorat.

Les chercheurs ont également intégré 27 patients n’ayant jamais été infectés par COVID et ayant contracté des infections dues à d’autres agents pathogènes.

Parmi les volontaires, six patients souffraient encore d’une perte d’odorat significative, qui pourrait être permanente, précisent les chercheurs. Deux sessions de suivi ont été organisées à 15 jours d’intervalle.

Les patients ont été recrutés dans des hôpitaux publics et privés de Santiago en moyenne 9 mois après le diagnostic, de février 2020 à mai 2023. L’âge moyen était de 40,1 ans. L’équipe a utilisé la perte d’odorat et la nécessité d’une hospitalisation comme marqueurs potentiels de l’atteinte neurologique et de la gravité de la maladie, respectivement.

anosmie et modifications cérébrales

L’impact de l’anosmie sur le fonctionnement cérébral

Les différentes analyses ont révélé que la perte de l’odorat influence le fonctionnement cérébral des personnes touchées, notamment en augmentant leur impulsivité.

Les résultats des IRM ont également montré que cette perte olfactive s’accompagne d’une réduction de l’activité cérébrale lors des processus décisionnels, d’une altération de la substance blanche, ainsi que d’un amincissement du cortex dans les régions pariétales. Ces zones du cerveau jouent un rôle crucial dans la perception des relations spatiales, l’orientation, et le traitement des informations sensorielles.

Vingt-deux des 73 patients atteints de COVID-19 (30,1 %) ont déclaré avoir, à des degrés divers, des problèmes d’attention et de mémoire. Sept patients ont déclaré avoir des maux de tête, six ont fait état de fatigue et quatre ont présenté une altération persistante de l’odorat durant, en moyenne, 1,3 mois. Parmi ces patients, 68 % ont subi une perte totale de l’odorat.

Ainsi, l’anosmie pourrait non seulement indiquer des dommages neuronaux causés par le virus, mais aussi servir de signal pour détecter les personnes susceptibles de subir des lésions cérébrales. Les scientifiques appellent également à approfondir les recherches sur l’anosmie pour mieux comprendre les mécanismes neurologiques en jeu et développer des traitements potentiels pour contrer ces effets.

Sources:

https://www.nature.com/articles/s41598-024-69772-y

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39152190


Laisser un commentaire

En savoir plus sur Sensible

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture